L'importance d'un rapport narratif de contrôle de l'éclairage

rédigé par Matthew Payette, ingénieur d'application sénior

Un document de programmation et de contrôle de l'éclairage est une ressource essentielle à la coordination du processus de conception et de construction d'un produit architectural final entièrement réalisé. Il décrit la manière d'intégrer les appareils d'éclairage à l'espace et, ultimement, la manière dont les humains interagiront avec cet espace.

Parfois, on retrouve un écart entre la vision initiale des concepteurs et le produit final. D'autres fois, le produit final et le fonctionnement des systèmes d'éclairage arrivent à bon terme, alors que le processus de gestion du projet a engendré bien du désarroi, du début à la fin. La rédaction et l'utilisation d'un document de programmation et de contrôle permettent de remédier à ces problèmes.

Un document de programmation et de contrôle consiste en une description détaillée de la synchronisation, des modes, de l'accès et des scènes voulus dans un système d'éclairage, soit en général (dans tout le système) ou de façon localisée (sections du système). Il peut être sous forme numérique, imprimée, verbale ou cinétique, ou regrouper tous ces formats pour avoir les fonctions de tous les appareils d'éclairage.

Quand nous pensons aux commandes d'éclairage, nous pensons souvent à l'interrupteur d'éclairage, ou peut-être à un gradateur, qui allume et éteint une ou des lumières. Ces appareils sont bien connus du public et, avec des appareils plus sophistiqués comme les relais et les horloges astronomiques, ils constituent depuis longtemps les systèmes de contrôle d'éclairage standard de l'industrie. Cependant, avec l'avènement des systèmes d'éclairage architecturaux intelligents, numériques et à couleurs changeantes, nous avons constaté un changement dans la façon dont les systèmes sont contrôlés. Les protocoles de contrôle numériques comme DMX et DALI ont révolutionné la façon dont un projet peut être façonné. Les concepteurs apprécient particulièrement ces systèmes, surtout DMX, parce qu'ils leur permettent de créer des expériences visuelles imaginatives auparavant impossibles à réaliser : des façades qui changent simplement de couleur en fonction des saisons ou des bâtiments entiers dont les couleurs varient en fonction du vent et de la température.

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Du point de vue de la gestion de projet, il s'agit d'un outil pratique pour lier l'avancement d'un projet à une liste de contrôle et à son achèvement. Monter ce type de document permet d'établir des communications qui n'auraient peut-être jamais existé autrement. Par exemple, l'entrepreneur en électricité parle au concepteur lumière, le concepteur lumière comprend mieux les besoins du client, l'entrepreneur général a une idée plus claire de l'ensemble du projet et les divers fabricants sont certains que le produit qu'ils ont choisi fonctionnera comme il se doit. Il s'agit d'une composante abstraite de la conception de l'éclairage et de l'architecture, et il faut lui accorder la même attention que tout autre détail.

Quiconque ayant un aperçu du projet ou des besoins du client pourrait rédiger un document de programmation et de contrôle qui serait utile. Cette personne pourrait consulter le client pour résumer les besoins relatifs à l'espace, ceux des utilisateurs et des clients eux-mêmes, pour ensuite inventorier ce que font les luminaires. Ensuite, toute cette information est regroupée dans un document facile à comprendre et à distribuer à ceux qui en ont besoin. Le document pourrait prendre la forme d'une simple feuille de calcul qui croise les dates, les scènes et les utilisateurs. Il peut également contenir plusieurs rendus visuels avec des TCP précis, des valeurs de couleur et d'autres détails qui communiquent l'esthétique au programmeur d'éclairage.

Tous les fabricants impliqués dans l'une ou l'autre des scènes voudront être au courant de ce document. Habituellement, un technicien en programmation ou un consultant en contrôles envoyé par un fabricant peuvent parler directement du système d'éclairage avec le concepteur lumière ou l'architecte, alors qu'il s'agit parfois d'une simple conversation avec le propriétaire d'une résidence ou d'une entreprise. Quoi qu'il en soit, lorsqu'un technicien ou un intégrateur connait les livrables, beaucoup de malentendus potentiels sont évités. Ce qui n'était auparavant qu'une simple commande ON/OFF ou une commande de couleur statique peut maintenant être aussi élaborée que de dicter exactement le moment précis où les niveaux de luminance et les TCP doivent être présents, ou de préciser les nuances plus foncées ou plus claires des palettes de couleurs préférées.

Il n'est presque jamais trop tôt pour composer un document de programmation et de contrôle. Dans un certain sens, celui-ci pourrait être considéré comme l'essence de la conception d'éclairage. Les créateurs des nuances de ces espaces architecturaux ont une vision précise de l'aspect final de l'éclairage et indiquent les appareils d'éclairage spécifiques qui concrétiseront cette vision. Quand et comment les luminaires vont ressortir, font partie intégrante de cette vision, d'où la pertinence d'un document de programmation et de contrôle. Même si celui-ci est remis à l'intégrateur ou au technicien en programmation le jour de la programmation, ce sera tout de même mieux que de ne pas en avoir. Idéalement, ces notions seraient bien définies à l'avance.

Voici quelques questions utiles à se poser pour la composition d'un document de programmation et de contrôle :

  • Quel est le concept général? Voyez grand, voyez petit. Il faut tenir compte des scènes locales et des concepts généraux.
  • Qui occupera l'espace? Il peut s'agir de propriétaires d'une résidence, de travailleurs d'entretien, d'étudiants, de chirurgiens ou du grand public.
  • Faut-il automatiser une partie ou la totalité des contrôles? Des horloges astronomiques, des détecteurs de présence et des capteurs d'inoccupation ne sont que quelques moyens de contrôler l'éclairage sans interaction humaine. Lorsque ceux-ci sont installés adéquatement, un visiteur ne remarquera rien d'anormal dans l'éclairage des lieux.
  • De quel genre d'accès aux contrôles les utilisateurs ont-ils besoin? Le choix d'interface utilisateur (IU) va du simple commutateur aux applications pour téléphones intelligents. Un document de programmation et de contrôle pourrait indiquer quelles personnes peuvent interagir avec quels contrôles et à quel moment.
  • Où devrait se trouver l'IU de contrôle? Les interfaces utilisateurs peuvent se trouver au bureau du concierge ou être accessibles seulement à partir de sites Web protégés. De simples commutateurs demeurent une possibilité.
  • Quelles sont les dates importantes à célébrer? Selon la région du monde ou d'un pays, diverses fêtes et occasions seront mises en valeur par un système d'éclairage. Les thèmes courants aux États-Unis et au Canada sont les commémorations à caractère patriotique (4 juillet, fête du Canada, Jour des présidents), liées à la santé et au bien-être (rose pour le cancer du sein, bleu pour la sensibilisation à l'autisme), à la sensibilisation sociale (fierté gaie) et aux couleurs d'équipes sportives locales.
  • Quelles sont les couleurs à envisager, qu'elles soient statiques ou rotatives? Demandez au client d'imaginer et de décrire le résultat final idéal. La palette offerte comporte des millions de couleurs possibles, avec des possibilités de mouvement presque illimitées (si le système est conçu à cet effet).

Les documents de programmation et de contrôle sont importants. En composer un requiert relativement peu d'effort et rapportera énormément tout au long du cycle de vie du projet, puisqu'il établit l'orientation et l'intention de l'éclairage. Il permettra de résoudre toutes les questions de mise en service et aidera les intervenants à prendre des décisions et à s'impliquer. Une bonne conception d'éclairage repose toujours sur un contrôle efficace, et les ignorer pourrait avoir autant d'importance que d'ignorer tout autre système architectural majeur.